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Suspension, annulation, résiliation : les 3 statuts qu'on confond

Ces trois mots reviennent sans cesse dans les dossiers qu'on étudie, et ils sont presque toujours confondus. Pourtant, ils ne décrivent pas la même chose. Chacun est décidé par une autorité différente, et aucun n'a les mêmes effets sur ton assurance, ni sur ce que tu peux encore conduire.

Par l'équipe ASSUGERIS, courtier immatriculé ORIAS — Publié le 13 juillet 2026, mis à jour en juillet 2026 · 12 min de lecture

Sur cette page

Le comparatif en un coup d'œil#

Commence par ce tableau : il résume ce qui distingue les trois statuts. Le détail de chacun suit juste après.

CritèreSuspensionAnnulationRésiliation
Ce qui est touchéLe permis, pour un tempsLe permis, définitivementLe contrat d'assurance
Durée ou effetDurée fixée, puis retour automatique du permisPermis supprimé, à repasserLe contrat prend fin
Qui la décideLe préfet (suspension administrative) ou le jugeLe juge, le plus souventL'assureur
Repasser le permis ?NonOui (code et conduite)Sans objet
Effet sur l'assuranceÀ déclarer ; résiliation possibleÀ déclarer ; profil aggravéTu dois retrouver un assureur

La suspension de permis#

Une suspension est une mesure temporaire. Ton permis t'est retiré pour une durée fixée. À la fin, tu retrouves le droit de conduire sans repasser d'examen.

Elle peut être administrative, décidée par le préfet, ou judiciaire, prononcée par un tribunal. Cette différence paraît secondaire. C'est pourtant la plus importante de ce guide, car le préfet et le juge n'ont pas les mêmes pouvoirs.

Une suspension ne veut pas dire, en soi, que ton assurance est résiliée. Mais tu dois la déclarer à ton assureur, qui peut ensuite résilier ou maintenir ton contrat. Évite de couper toi-même ta couverture pendant une mesure temporaire : l'interruption se verrait ensuite sur ton relevé. La reprise est détaillée sur notre page assurance auto après une suspension de permis.

L'annulation de permis#

L'annulation fait disparaître ton permis : juridiquement, il n'existe plus. Pour conduire à nouveau, tu dois repasser le code et la conduite, comme un nouveau conducteur.

C'est une décision plus lourde que la suspension. Elle est en général prise par un juge, souvent après une infraction grave : récidive, alcoolémie élevée, refus d'obtempérer.

Tout se joue sur le calendrier. Entre la décision et ton nouveau permis, la période est longue, et rien ne se règle tout seul. C'est elle qu'il faut organiser : voir notre page assurance après une annulation de permis.

La résiliation d'assurance#

La résiliation ne concerne pas ton permis, mais ton contrat d'assurance. C'est ton assureur qui y met fin : après un sinistre, après un impayé, ou quand il apprend une suspension ou une annulation de permis.

Une suspension ou une annulation peut donc mener à une résiliation. Mais ce n'est ni automatique ni systématique : tout dépend des clauses de ton contrat et de la décision de ton assureur.

C'est aussi le seul des trois statuts qui ne touche pas ton droit de conduire. Tu peux avoir un permis valide et plus aucun contrat, ou l'inverse. Et le motif inscrit au relevé compte plus que le mot : une résiliation pour non-paiement régularisée ne se lit pas comme une résiliation après sinistres.

Le cas de l'invalidation (permis à 0 point)#

À côté de ces trois statuts, un quatrième cas revient souvent : l'invalidation. Elle arrive quand ton solde de points tombe à zéro.

L'effet ressemble à celui d'une annulation : le permis est invalidé et tu dois le repasser. Mais l'origine est différente. Ce n'est pas une décision unique d'un tribunal, c'est l'accumulation d'infractions constatée par l'administration.

Cette origine administrative a une conséquence que presque personne ne formule : l'administration ne peut prononcer qu'une mesure sur le permis. Côté assurance, en revanche, un permis invalidé est traité comme un profil aggravé, au même titre qu'une annulation.

Les mots qu'on emploie l'un pour l'autre#

Trois expressions reviennent dans les dossiers et sèment la confusion :

  • « Retrait de permis » n'est pas une catégorie juridique. C'est une expression de tous les jours, qui désigne aussi bien la rétention que la suspension ou l'invalidation. Quand quelqu'un l'emploie, la première question à poser est toujours la même : quel papier as-tu reçu, et qui l'a signé ?
  • La rétention est le premier acte : après le contrôle, les forces de l'ordre gardent ton permis. Ce n'est pas une sanction, mais une mesure conservatoire : elle fige la situation et ouvre la suite.
  • Le non-renouvellement d'un contrat par l'assureur n'est pas une résiliation pour sinistres. Le contrat s'arrête à son échéance. Le motif inscrit au relevé n'est pas le même, et il ne se présente pas de la même façon.

Savoir quel statut s'applique, en 4 questions#

Tu ne sais pas exactement ce qui t'arrive ? Prends le dernier document que tu as reçu, et réponds à ces quatre questions dans l'ordre.

  1. As-tu reçu une décision écrite ? Si les forces de l'ordre ont seulement gardé ton permis après un contrôle, c'est une rétention. Ce n'est pas une sanction : c'est le premier acte, celui qui ouvre la suite.
  2. Qui l'a signée ? Un arrêté du préfet, c'est une suspension administrative. Un jugement vient du tribunal : suspension judiciaire ou annulation, lis bien laquelle. Une lettre 48SI concerne un solde de points tombé à zéro, donc une invalidation. Une lettre de ton assureur qui met fin au contrat, c'est une résiliation, ou un non-renouvellement si le contrat s'arrête à son échéance.
  3. La décision vise-t-elle ton permis ou ton contrat ? Le permis relève du plan de l'État : suspension, annulation ou invalidation. Le contrat relève du plan de l'assureur : résiliation. Les deux peuvent se cumuler.
  4. Devras-tu repasser le permis ? Si la réponse est non, c'est une suspension : tu retrouves ton permis à la fin de la durée fixée. Si c'est oui, c'est une annulation ou une invalidation.

Si ton document est un jugement, fais une dernière vérification. Lis la rubrique des peines complémentaires : c'est là que figure une éventuelle interdiction de conduire d'autres véhicules. Au moindre doute, fais confirmer par la préfecture ou par un avocat.

Qui prononce quoi, et jusqu'où ça porte#

C'est la question la plus mal traitée du secteur : quand une mesure frappe le permis, que reste-t-il de conduisible ? Ce guide existe pour poser le tableau qui suit.

Tout part d'une phrase du Code de la route que presque personne ne cite. Les dispositions du titre consacré au permis de conduire, celui qui prévoit la rétention, la suspension, l'annulation et l'invalidation, ne sont pas applicables au brevet de sécurité routière. Le délit de conduite malgré la mesure va dans le même sens : il ne vise qu'un véhicule « pour la conduite duquel une telle pièce est nécessaire ».

Sources : articles L221-1, L223-5, L224-2, L224-7, L224-16 et R221-4 du Code de la route. Condition dans tous les cas : être né au plus tard le 31 décembre 1987, ou détenir le brevet de sécurité routière, catégorie AM.
Mesure subieCyclomoteur 50 cm³ et voiturette légère (L6e)Voiturette lourde (L7e)
Suspension administrativeHors du champ de la mesureNon : elle exige le permis B1 ou B
Suspension judiciaireHors du champ, sauf interdiction expressément prononcéeNon
Annulation judiciaireHors du champ, sauf interdiction expressément prononcéeNon
Invalidation (0 point)Hors du champ de la mesureNon
Résiliation d'assuranceSans effet : elle ne porte pas sur le permisSans effet

La réserve des deux lignes judiciaires est décisive, et presque aucun article ne la formule correctement. À titre de peine complémentaire, c'est-à-dire en plus de la peine principale, un juge peut prononcer une « interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur, y compris ceux pour la conduite desquels le permis de conduire n'est pas exigé ».

Pour exister, cette interdiction doit être expressément écrite dans la décision. Le préfet, lui, n'en dispose pas : son arrêté ne porte que sur la suspension du permis. Autrement dit, seule la décision reçue fait foi.

Au moindre doute, la préfecture ou un avocat tranchent en quelques minutes. C'est toujours mieux qu'une conduite malgré interdiction. Les trois cas sont détaillés dans nos guides sur le cyclomoteur pendant une suspension, après une annulation et après un permis invalidé.

Comment ces situations s'enchaînent#

Dans la pratique, ces statuts arrivent rarement seuls. Le déroulé le plus courant commence par un contrôle, suivi d'une rétention du permis, puis d'un arrêté préfectoral de suspension.

L'assureur en est informé et peut résilier : deux statuts se cumulent. Enfin, parfois longtemps après, le tribunal statue. Il peut transformer la suspension en annulation, ou y ajouter une peine complémentaire.

Conséquence pratique : ce que tu as compris au lendemain du contrôle ne vaut pas forcément pour la suite. Ce qui était vrai au stade administratif peut ne plus l'être après l'audience. Relis donc ton dossier à chaque nouveau document reçu. C'est aussi pour ça qu'on te demande toujours la pièce, plutôt que le récit.

Un exemple concret : le parcours de Karim#

Karim est contrôlé un soir. Les forces de l'ordre gardent son permis sur place : c'est la rétention. Quelques jours plus tard, il reçoit un arrêté du préfet qui suspend son permis.

Il déclare la suspension à son assureur, arrêté à l'appui. L'assureur décide de résilier son contrat. Karim a maintenant deux statuts : un permis suspendu et un contrat résilié. Il ne les confond pas, car l'un vient du préfet et l'autre de l'assureur.

Plusieurs mois après, le tribunal statue. Karim lit le jugement et va droit à la rubrique des peines complémentaires. La formule sur les véhicules sans permis ne lui paraît pas claire : il la fait confirmer par un avocat avant de décider quoi que ce soit.

Pour s'assurer à nouveau, il réunit tous ses documents : l'arrêté, le jugement, la lettre de résiliation et son relevé d'information. Rien n'est garanti d'avance, mais son dossier est complet, daté et lisible. C'est ce qui permet de le présenter aux bonnes compagnies.

Ce que tu dois déclarer à ton assureur, et quand#

Quelle que soit la mesure, la règle est la même : elle doit être déclarée. Taire une suspension, une annulation ou une infraction pénale (alcool, stupéfiants) peut entraîner la nullité du contrat en cas de sinistre. Concrètement, tu risques de ne plus être couvert au pire moment.

Être transparent n'est pas seulement une obligation : c'est ce qui protège ta couverture. Deux réflexes évitent la plupart des ennuis. Déclare tout dès la souscription d'un nouveau contrat. Et garde chaque document reçu, plutôt que de reconstituer l'histoire de mémoire.

Ce que tu fournis est évalué ; ce qui manque est imaginé au pire. Notre guide de lecture du relevé d'information détaille ce que la compagnie y cherche.

Déclarer une mesure à ton assureur, étape par étape#

  1. Pars de la décision notifiée, sans attendre le jugement. L'arrêté du préfet suffit pour déclarer. Le jugement viendra compléter plus tard.
  2. Déclare la mesure à ton assureur actuel. Fais-le par écrit, joins une copie de la décision et garde une copie de ton envoi.
  3. Ne résilie pas ton contrat toi-même pendant une mesure temporaire. L'interruption se verrait ensuite sur ton relevé.
  4. Lis bien la réponse de l'assureur. Il peut maintenir ton contrat ou le résilier. Tant qu'aucune résiliation ne t'est notifiée, ton contrat court.
  5. Quand le jugement arrive, transmets-le aussi. Il complète ta déclaration, et il peut changer la mesure.
  6. Pour tout nouveau contrat, déclare tout dès la souscription : suspension, annulation, infraction pénale. Un oubli peut entraîner la nullité du contrat en cas de sinistre.

Les documents à garder

  • l'arrêté du préfet, s'il y en a un ;
  • le jugement du tribunal ;
  • la lettre 48SI, en cas d'invalidation ;
  • la lettre de résiliation de ton assureur ;
  • ton relevé d'information ;
  • la copie de chaque courrier échangé avec ton assureur.

À retenir : ce qui se déclare, c'est la décision notifiée. Attendre le jugement pour parler à ton assureur fragilise ta garantie sur toute la période.

Les erreurs fréquentes#

  • Parler de « retrait de permis » sans savoir de quoi il s'agit. L'expression ne dit rien. Le document reçu, et la personne qui l'a signé, disent tout.
  • Attendre le jugement pour déclarer. L'arrêté suffit. Attendre, c'est laisser passer des mois sans la déclaration due.
  • Croire qu'une suspension résilie le contrat. Seul l'assureur peut résilier. Tant que rien n'est notifié, le contrat court.
  • Couper toi-même ton assurance pendant une suspension. L'interruption se voit ensuite sur ton relevé.
  • Croire qu'une résiliation touche le permis. Un assureur n'a aucun pouvoir sur ton droit de conduire.
  • Conclure seul sur ce que tu peux conduire. Seule la décision reçue fait foi. Au moindre doute, la préfecture ou un avocat tranchent.
  • Confondre les deux voiturettes. La voiturette légère (L6e) relève du brevet, la voiturette lourde (L7e) exige le permis B1 ou B.
  • Te fier à ce que tu as compris au lendemain du contrôle. Après l'audience, la situation peut avoir changé.

Pourquoi cette distinction change tout pour ton dossier#

Un assureur généraliste traite souvent ces situations de la même façon : un signal d'alerte, puis un refus automatique, sans regarder le détail. Or ton dossier n'est pas le même si tu as été suspendu deux mois sans sinistre, ou si ton permis a été annulé après une récidive.

Un courtier spécialisé lit cette nuance. Il sait à quelle compagnie présenter chaque type de dossier : après une suspension, après une annulation, ou même pour un scooter 50 cc le temps de récupérer ton permis. C'est le métier décrit sur notre page courtier spécialisé en profils aggravés.

Deux calendriers qui ne se parlent pas#

La confusion la plus tenace n'est pas entre les mots, mais entre deux horloges : celle de l'État sur ton permis, et celle de l'assureur sur ton contrat. Elles avancent séparément. Chaque réponse ci-dessous se lit seule.

Une mesure sur le permis résilie-t-elle le contrat ?

Jamais automatiquement. Rétention, suspension, annulation, invalidation : aucune ne met fin à un contrat d'assurance. Seul l'assureur peut résilier, par une décision commerciale distincte, prise à son rythme. Tant qu'aucune résiliation n'est notifiée, le contrat court et le véhicule reste couvert.

Une résiliation touche-t-elle le permis ?

Non plus, et dans ce sens, c'est évident : un assureur n'a aucun pouvoir sur un permis de conduire. Une résiliation laisse une ligne au relevé d'information, visible cinq ans et lue par toutes les compagnies suivantes. C'est son seul effet, et il dure.

Alors pourquoi les deux arrivent-elles presque toujours ensemble ?

Parce qu'elles ont la même cause, pas parce que l'une entraîne l'autre. Les faits qui déclenchent une mesure administrative déclenchent souvent, de leur côté, une décision de l'assureur. Confondre cause commune et enchaînement automatique, c'est attendre un courrier qui ne viendra pas, ou craindre un effet qui n'existe pas.

Dans quel ordre les événements tombent-ils ?

Presque toujours dans celui-ci : les faits, la rétention immédiate, la décision du préfet en quelques jours, ta déclaration à l'assureur, sa réponse, puis le jugement, parfois des mois plus tard. Ton contrat se joue au milieu de cette séquence, bien avant qu'elle soit terminée.

Faut-il attendre le jugement pour déclarer ?

Non. Ce qui se déclare, c'est la décision notifiée : l'arrêté suffit, le jugement viendra compléter. Attendre l'issue judiciaire pour parler à ton assureur, c'est laisser passer des mois sans la déclaration due. Et c'est fragiliser ta garantie sur toute la période.

Combien de temps chaque plan garde-t-il la mémoire ?

Le solde de points se reconstitue en six mois, deux ans ou trois ans selon la gravité. Le relevé d'information, lui, garde cinq ans d'historique. Les deux horloges n'ont donc ni le même départ ni la même durée : un permis qui a retrouvé tous ses points peut aller de pair avec un relevé encore chargé.

Deux plans distincts, deux rythmes différents.
Plan du permisPlan du contrat
Qui décideLe préfet ou un jugeL'assureur, seul
Ce qui est touchéLe droit de conduireLa couverture du véhicule
Effet sur l'autre planAucun, dans les deux sens
Le documentArrêté, jugement, lettre 48SILettre de résiliation, relevé d'information
Durée de mémoire6 mois, 2 ans ou 3 ans selon la gravité5 ans au relevé
Ce qui les relieLes faits, et ta déclaration, qui est ton seul levier

Récupération des points : service-public.fr. Profondeur du relevé d'information : annexe à l'article A121-1 du Code des assurances. Obligations de déclaration : articles L113-2, L113-8 et L113-9 du même code.

Schéma des cinq mesures pouvant frapper un permis de conduire : d'un côté l'infraction routière — contrôle, rétention, puis suspension administrative prononcée par le préfet, suspension judiciaire ou annulation prononcées par un juge ; de l'autre le permis à points — retrait de points, solde à zéro, lettre 48SI, invalidation. Après une suspension le titre revient ; après une annulation ou une invalidation, il est à repasser.
Les mesures qui frappent le permis. La résiliation, elle, relève de l'autre plan.

Oui ou non ? Trois questions pour vérifier

Question 1 sur 3

Le préfet et le juge ont-ils les mêmes pouvoirs ?

Réponse : Non. C'est la distinction la plus utile de ce guide. Le préfet peut suspendre le permis de conduire, et son arrêté ne fait rien d'autre. Le tribunal, lui, dispose en plus de peines complémentaires, dont une interdiction qui peut viser des véhicules sans permis.

Question 2 sur 3

Dois-je déclarer une suspension à mon assureur ?

Réponse : Oui. Taire une suspension, une annulation ou une infraction pénale peut entraîner la nullité du contrat en cas de sinistre. Être transparent protège ta couverture. Et ça permet de présenter un dossier solide, sans mauvaise surprise en cours de route.

Question 3 sur 3

Les deux voiturettes suivent-elles le même régime ?

Réponse : Non. C'est un piège fréquent. La voiturette légère (quadricycle L6e) relève du brevet, comme le cyclomoteur. La voiturette lourde (quadricycle L7e) exige le permis B1 ou B : toute mesure qui frappe le permis la touche donc.

En résumé#

  • Suspension : mesure temporaire, tu récupères ton permis automatiquement à la fin.
  • Annulation : le permis disparaît, tu dois repasser les épreuves.
  • Invalidation : permis à 0 point, effet proche de l'annulation, mais origine administrative.
  • Résiliation : ton contrat d'assurance prend fin, sans effet sur ton droit de conduire.
  • Le préfet peut seulement suspendre le permis. Seul un juge peut y ajouter une interdiction qui vise les véhicules sans permis.
  • Ces statuts s'enchaînent souvent, mais ne se confondent pas dans l'étude d'un dossier. Et tout doit être déclaré.

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Une suspension entraîne-t-elle une résiliation de l'assurance ?

Pas automatiquement. Tu dois déclarer la suspension à ton assureur, qui peut ensuite résilier ou maintenir ton contrat selon ses clauses. C'est fréquent, mais pas systématique. Et pendant une mesure temporaire, mieux vaut ne pas couper toi-même ta couverture.

Quelle différence entre suspension et annulation ?

La suspension est temporaire : tu récupères ton permis à la fin, sans repasser d'examen. L'annulation fait disparaître le permis : tu dois repasser le code et la conduite. L'annulation est plus lourde, et elle vient d'un tribunal.

L'invalidation pour solde de points nul, c'est une annulation ?

L'effet est proche : le permis est invalidé et il faut le repasser. Mais l'origine diffère : une accumulation d'infractions constatée par l'administration d'un côté, une décision de tribunal de l'autre. Cette différence compte beaucoup pour ce qui reste conduisible.

Que veut dire exactement « retrait de permis » ?

Ce n'est pas une catégorie juridique. C'est une expression courante qui désigne la rétention, la suspension ou l'invalidation : on ne peut donc rien en déduire. La bonne question reste la même : quel document as-tu reçu, et qui l'a signé ?

Le préfet et le juge ont-ils les mêmes pouvoirs ?

Non, et c'est la distinction la plus utile de ce guide. Le préfet peut suspendre le permis de conduire, et son arrêté ne fait rien d'autre. Le tribunal, lui, dispose en plus de peines complémentaires, dont une interdiction qui peut viser des véhicules sans permis.

Une mesure sur mon permis touche-t-elle mon brevet de sécurité routière ?

Le Code de la route précise que les dispositions du titre consacré au permis (rétention, suspension, annulation, invalidation) ne s'appliquent pas au brevet de sécurité routière. Le délit de conduite malgré la mesure ne vise d'ailleurs que les véhicules qui exigent le permis. Reste une réserve : la peine complémentaire qu'un juge peut prononcer.

Quelle phrase chercher dans un jugement ?

Regarde la rubrique des peines complémentaires et cherche « interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur ». Si la phrase continue par « y compris ceux pour la conduite desquels le permis de conduire n'est pas exigé », les véhicules sans permis sont visés. Sans cette formule, fais confirmer plutôt que de conclure seul.

Les deux voiturettes suivent-elles le même régime ?

Non, et c'est un piège fréquent. La voiturette légère (quadricycle L6e) relève du brevet, comme le cyclomoteur. La voiturette lourde (quadricycle L7e) exige le permis B1 ou B : toute mesure qui frappe le permis la touche donc. À l'œil, pourtant, les deux se ressemblent beaucoup.

Dois-je déclarer une suspension à mon assureur ?

Oui. Taire une suspension, une annulation ou une infraction pénale peut entraîner la nullité du contrat en cas de sinistre. Être transparent protège ta couverture. Et ça permet de présenter un dossier solide, sans mauvaise surprise en cours de route.

Ces situations peuvent-elles se cumuler ?

Très souvent, c'est même le cas le plus courant. Une suspension déclarée conduit l'assureur à résilier, puis le tribunal statue plus tard et peut transformer la mesure. Relis donc ton dossier à chaque nouveau document reçu.

Peut-on se réassurer après une annulation ?

Oui, une fois le nouveau permis obtenu, et le dossier se prépare en amont plutôt qu'au dernier moment. Des compagnies spécialisées proposent des tarifs pour ces profils. On étudie ta décision et ta situation pour présenter ton dossier aux bonnes compagnies, sans acceptation garantie d'avance.

L'étude de dossier est-elle payante ?

Non, elle est gratuite et sans engagement. On te répond en 1 à 4 h pendant nos horaires d'ouverture : du lundi au vendredi, de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h 30. Ton dossier reste entre nous et n'est transmis qu'aux compagnies sollicitées.

Rédaction
Cabinet ASSUGERIS
Immatriculation
ORIAS n° 07 005 657
Spécialité
Profils refusés ailleurs
Depuis
2006

Qui écrit ce guide

Ce guide est rédigé et tenu à jour par ASSUGERIS, cabinet de courtage immatriculé à l'ORIAS sous le n° 07 005 657. Depuis 2006, le cabinet est spécialisé dans les profils que les assureurs généralistes refusent. Les règles rappelées ici viennent du Code de la route et du Code des assurances. La position officielle sur l'invalidation et la catégorie AM se trouve sur la fiche invalidation du permis de service-public.fr.

Une règle qu'on s'impose : on ne se prononce jamais sur ce que quelqu'un a le droit de conduire. Cette réponse appartient à la décision reçue, à la préfecture et, si besoin, à un avocat. Notre métier commence ensuite : t'assurer, et faire accepter ton dossier.

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