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Taux d’alcool autorisé en jeune permis : 0,2 g/l, et ce qu’on risque au-delà

En permis probatoire, le taux d'alcool autorisé est de 0,2 g/l de sang, soit 0,10 mg/l d'air expiré — contre 0,5 pour un conducteur confirmé. En pratique, un seul verre peut suffire à le dépasser. Au-delà, c'est une contravention qui retire 6 points ; à partir de 0,8 g/l, c'est un délit. Voici les seuils, ce que coûte chacun, et pourquoi un contrôle positif pèse si lourd sur un permis de 6 points.

Par l'équipe ASSUGERIS, courtier immatriculé ORIAS — Publié le 23 septembre 2026 · 6 min de lecture

Sur cette page

Qui doit respecter 0,2 g/l#

Le seuil abaissé vise trois catégories de conducteurs :

  • les titulaires d'un permis probatoire — les trois premières années, deux après un apprentissage anticipé de la conduite ;
  • la conduite accompagnée ;
  • les conducteurs de transport en commun.

Pour tous les autres, le seuil reste de 0,5 g/l de sang, soit 0,25 mg/l d'air expiré.

Le seuil de 0,2 g/l suit donc la durée de ta période probatoire : 3 ans après une formation classique, 2 ans après une conduite accompagnée, et moins encore si tu suis la formation complémentaire entre ton 6e et ton 12e mois de permis. Le détail est dans le guide du permis probatoire.

Articles R234-1 et L234-1 du Code de la route — service-public.gouv.fr, fiche F2881. Durée du permis probatoire : article L223-1 — Légifrance.

Combien de verres ? La vraie réponse#

Aucun calcul ne donne l'heure à laquelle on peut reprendre le volant. Ce que donnent les moyennes publiées par la Sécurité routière : un verre standard fait monter le taux de 0,20 à 0,25 g/l — c'est-à-dire, à lui seul, au niveau du seuil. La Sécurité routière le résume d'une formule : en permis probatoire, 0,2 g/l, c'est 0 verre. Le détail est dans la réponse combien de temps l'alcool reste dans le sang.

Sécurité routière, « L'alcool et la conduite » — securite-routiere.gouv.fr. Relevé le 23 septembre 2026.

Le lendemain de soirée : le piège du matin#

Un contrôle positif ne tombe pas forcément le soir même : il peut tomber le lendemain matin. La raison tient en deux chiffres de la Sécurité routière : un organisme élimine en moyenne 0,10 à 0,15 g/l par heure, et un verre standard fait monter le taux de 0,20 à 0,25 g/l. Il faut donc au moins une heure et demie pour effacer un seul verre ; après une soirée, plusieurs heures de sommeil ne suffisent pas toujours à repasser sous 0,2.

Et rien ne raccourcit ce délai : ni le café, ni la douche, ni le sport. Ces moyennes ne permettent pas non plus de calculer une heure de départ : elles varient d'une personne à l'autre. La seule règle qui tient, en probatoire, c'est de ne pas prendre le volant après avoir bu, le soir comme le lendemain matin.

Sécurité routière, « L'alcool et la conduite » — securite-routiere.gouv.fr, relevé le 22 septembre 2026.

Comment se passe le contrôle#

Un contrôle d'alcoolémie peut avoir lieu à tout moment, de manière aléatoire, sans infraction ni accident. Il devient systématique après certaines infractions et après un accident corporel. Il se fait en deux temps :

  1. le dépistage, par éthylotest : il dit seulement si l'alcool est présent au-delà du seuil ;
  2. la vérification, par éthylomètre ou par prise de sang : c'est elle qui mesure le taux et qui fait foi. Le résultat t'est notifié.

Un point que peu de jeunes conducteurs connaissent : les forces de l'ordre doivent te demander si tu souhaites un second contrôle. Si tu dis oui, il est fait immédiatement et son résultat t'est communiqué. Sur un taux proche du seuil, ce n'est pas un détail.

service-public.gouv.fr, fiche F2881, vérifiée le 27 août 2026.

Entre 0,2 et 0,8 g/l : une contravention qui coûte 6 points#

Ce qui est encouru
Amende forfaitaire135 €
Amende maximale750 €
Points retirés6 points
Suspension du permispossible, jusqu'à 3 ans
Autres mesuresimmobilisation du véhicule, éthylotest antidémarrage possibles

Sur un permis qui ne compte que 6 points, ce retrait suffit à tout effacer : c'est l'invalidation, annoncée par la lettre 48SI. Le permis probatoire gagne des points chaque année sans infraction : le risque est donc maximal au début. Le mécanisme complet est dans le guide permis probatoire : suspension, retrait, annulation.

Article R234-1 du Code de la route — F2881. Suspension : article L224-5.

Pas de rétention, mais une suspension possible#

Sous 0,8 g/l, le permis n'est pas retenu sur le bord de la route : la rétention est réservée au délit, à l'ivresse manifeste et au refus du dépistage. Mais ça ne veut pas dire que le permis est à l'abri. Saisi du procès-verbal, le préfet peut prononcer une suspension provisoire, parce que l'infraction est punie de la suspension ; pour l'alcool, elle peut aller jusqu'à 1 an. Le courrier arrive alors plusieurs semaines après le contrôle.

Rétention : article L224-1 ; suspension sans rétention : articles L224-7 et L224-8 du Code de la route.

Ce qui arrive à tes points, selon l'année#

Le retrait est toujours de 6 points ; ce qui change, c'est ce qu'il laisse. Pendant la première année, ton permis n'en compte que 6 : le retrait l'invalide. Plus tard, un permis probatoire en compte davantage — 8 après une année sans infraction en formation classique, 9 après une conduite accompagnée. Il reste alors quelques points, et la perte de 6 points déclenche la lettre 48N : un stage obligatoire à suivre dans les 4 mois, qui rend jusqu'à 4 points.

Dans les deux cas, le motif alcool reste attaché au dossier. Un permis invalidé se repasse après 6 mois d'attente, et repart en probatoire à 6 points : c'est le guide de la lettre 48SI.

Points gagnés en probatoire : F2390 ; stage obligatoire : article L223-6 et F14208 ; invalidation : article L223-5.

À partir de 0,8 g/l : un délit#

Le seuil du délit est le même pour tout le monde. Le permis est retenu sur place — c'est la rétention — puis le tribunal peut prononcer :

  • jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende ;
  • 6 points retirés ;
  • une suspension jusqu'à 5 ans, sans aménagement pour la conduite professionnelle, ou l'annulation avec interdiction de repasser le permis jusqu'à 5 ans ;
  • un stage de sensibilisation à tes frais, et la confiscation possible du véhicule.

Refuser le contrôle ne fait rien gagner : c'est un délit à part, puni de 3 ans d'emprisonnement, 9 000 € d'amende et 6 points. Les suites devant le préfet et le tribunal sont détaillées dans le guide suspension de permis pour alcool.

Articles L234-1, L234-2, L234-8 et L224-6 du Code de la route — F2881.

Alcool et stupéfiants ensemble : un autre délit#

Quand un contrôle révèle à la fois de l'alcool et des stupéfiants, ce n'est plus la même infraction. Les peines encourues montent à 5 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende, et le retrait de points dépasse celui de l'alcool seul — sur un permis probatoire, il efface le plus souvent tout le solde. Le guide suspension de permis pour stupéfiants reprend le contrôle salivaire et ses suites.

Article L235-1 du Code de la route — F2886.

Et ton assurance#

Un jeune conducteur paie déjà, en général, une surprime de conducteur novice : jusqu'à 100 % la première année et 50 % la deuxième, 50 puis 25 % après une conduite accompagnée. Un contrôle positif en probatoire y ajoute deux lignes que les assureurs lisent ensemble : un permis récent et un motif alcool. Si une suspension suit, elle se déclare dans les 15 jours. Elle n'autorise pas ton assureur à résilier pour ce seul motif — ce droit suppose un sinistre causé sous alcool, sous stupéfiants, ou par l’infraction qui a valu la suspension —, mais il peut en revanche y voir une aggravation du risque : mettre fin au contrat, avec effet 10 jours après sa notification, ou te proposer une cotisation plus élevée — si tu la refuses, le contrat prend fin 30 jours plus tard. Ce qui reste ouvert ensuite est sur les pages assurance jeune conducteur et assurance auto après une alcoolémie. Ce cumul fait souvent refuser le dossier en ligne ; décris-nous ta situation, et un conseiller l'étudie avec toi.

Aggravation du risque : article L113-4 du Code des assurances et F2659 ; la résiliation après sinistre (articles R113-10 et A211-1-2) suppose un sinistre.

Oui ou non ? Deux questions pour vérifier

Question 1 sur 2

Peut-on demander un second contrôle d'alcoolémie ?

Réponse : Oui.  : les forces de l'ordre doivent te demander si tu en veux un. Il est fait immédiatement, et son résultat t'est communiqué.

Question 2 sur 2

Le permis est-il retenu sous 0,8 g/l en probatoire ?

Réponse : Non.  : la rétention est réservée au délit, à l'ivresse manifeste et au refus du dépistage. Mais le préfet peut ensuite, sur le procès-verbal, suspendre ton permis jusqu'à 1 an pour l'alcool.

Ce qu'il faut faire, dans l'ordre#

  1. Garde le procès-verbal et, si ton permis a été retenu, l'avis de rétention : ce sont les pièces qu'on te demandera partout.
  2. Consulte ton solde de points sur Mes points permis quand le retrait est enregistré : c'est lui qui dit si ton permis est invalidé ou s'il te reste une marge.
  3. S'il reste des points, surveille la lettre 48N : les 4 mois du stage partent de sa réception.
  4. Si une suspension est notifiée, déclare-la à ton assureur dans les 15 jours.
  5. Fais étudier ton dossier avant que le contrat ne s'arrête : un permis récent avec un motif alcool se présente, il ne se tente pas au hasard.

Solde de points : F17970 ; déclaration : F2659.

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Le permis est-il retenu sous 0,8 g/l en probatoire ?

Non : la rétention est réservée au délit, à l'ivresse manifeste et au refus du dépistage. Mais le préfet peut ensuite, sur le procès-verbal, suspendre ton permis jusqu'à 1 an pour l'alcool.

Peut-on demander un second contrôle d'alcoolémie ?

Oui : les forces de l'ordre doivent te demander si tu en veux un. Il est fait immédiatement, et son résultat t'est communiqué.

Quel est le taux d'alcool autorisé pour un jeune permis ?

0,2 g/l de sang, soit 0,10 mg/l d'air expiré, pendant toute la période probatoire. Pour un conducteur confirmé, c'est 0,5 g/l.

Un verre suffit-il à dépasser le seuil ?

Il peut suffire : un verre standard fait monter le taux de 0,20 à 0,25 g/l en moyenne, selon la Sécurité routière. En probatoire, la seule consigne sûre est de ne pas boire avant de conduire.

Que risque un jeune conducteur entre 0,2 et 0,8 g/l ?

Une contravention : 135 € d'amende forfaitaire, jusqu'à 750 €, et 6 points retirés — assez pour invalider un permis de 6 points —, avec une suspension possible jusqu'à 3 ans.

Et à partir de 0,8 g/l ?

C'est un délit : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende, 6 points, et une suspension ou une annulation du permis jusqu'à 5 ans.

Peut-on refuser l'éthylotest ?

Le refus est un délit à part entière : 3 ans d'emprisonnement, 9 000 € d'amende et 6 points. Il ne fait rien gagner.

Rédaction
Cabinet ASSUGERIS
Immatriculation
ORIAS n° 07 005 657
Spécialité
Profils refusés ailleurs
Depuis
2006

Qui écrit ces pages

Écrit par le cabinet ASSUGERIS, courtier en assurances immatriculé à l’ORIAS sous le n° 07 005 657, spécialisé depuis 2006 dans les profils que les assureurs généralistes refusent. Chaque page part des questions qu’on nous pose au téléphone.

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